Wednesday, April 10, 2024
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La gauche française divisée sur l’interdiction de l’abaya dans les écoles

by Pons Tremblay
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L’interdiction de l’abaya dans les écoles, annoncée par le ministre français de l’Éducation Gabriel Attal, a mis en lumière les divisions de la gauche sur la laïcité et sa mise en œuvre, tandis que la gauche radicale s’est engagée à porter la décision devant les tribunaux.

Le parti Renaissance du président Macron, la droite et l’extrême droite ont tous salué  l’interdiction  du port de l’abaya et du kameez, robes longues et amples portées par certaines femmes musulmanes, dans les écoles françaises. L’interdiction a été annoncée par Attal sur la chaîne française TF1 dimanche soir (27 août).

Mardi matin, le coordinateur du parti de gauche La France Insoumise (LFI), Manuel Bompard,  a vivement critiqué  la décision du gouvernement sur  France 2 , annonçant que son groupe parlementaire la contesterait devant le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française.

Pour Bompard, qui a succédé à Jean-Luc Mélenchon à la tête de la gauche radicale, « cette réglementation [est] contraire à la Constitution, elle est dangereuse, elle est cruelle ». L’interdiction de l’abaya « entraînera une discrimination à l’égard des jeunes femmes, en particulier des jeunes femmes de confession musulmane », a-t-il ajouté.

“Les autorités religieuses de confession musulmane disent que l’abaya n’est pas un vêtement religieux”, a déclaré Bompard, qui a ajouté que “la laïcité doit être un facteur de paix et d’unité” mais serait désormais “utilisée pour stigmatiser une religion particulière”. Mélenchon  lui-même a décrit l’interdiction comme « une nouvelle guerre de religion absurde et entièrement artificielle ».

Bompard a également mis en garde contre la difficulté de distinguer « les vêtements religieux et la mode ».

Les députées du parti Europe Ecologie – Les Verts (EELV), Sandrine Rousseau et Sandra Regol, ont critiqué cette interdiction car elle contrôle le corps des femmes.

Tenue religieuse ou culturelle ?

La laïcité en France découle de l’article 1 de la Constitution du pays, qui déclare que la République française est « indivisible, laïque, démocratique et sociale », le texte fondateur de ce principe étant considéré comme la loi de 1905 séparant l’Église et l’État.

Cette loi consacre la neutralité de l’État français à l’égard de toutes les religions, qui s’étend à certains lieux publics, dont les écoles. En 2004, une loi a interdit les symboles religieux ostentatoires dans les écoles.

L’interprétation du caractère religieux ou non de l’abaya est au cœur de la polémique, tout comme l’interprétation du principe de laïcité par la gauche française.

Le discours de LFI et d’EELV contraste avec celui de leurs alliés du Parti socialiste (PS) et du Parti communiste français (PCF), qui ont salué la décision du ministre de l’Éducation.

Le maire de Montpellier, le socialiste Michaël Delafosse, a salué cette démarche comme “un signal très important qui doit être accepté par tous”, car tous les signes religieux sont interdits dans les écoles et “il n’y a pas de place pour le prosélytisme religieux”. Le leader communiste Fabien Roussel s’est également félicité de l’instauration d’une règle claire.

Alors que le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure fait profil bas sur le sujet, Emma Rafowicz, présidente des Jeunes socialistes et élue à Paris – qui comme Faure soutient une alliance avec LFI – estime que « l’école républicaine et laïque est un sanctuaire  »  . et doit rester un lieu d’émancipation », et s’oppose au port de vêtements religieux dans les écoles.

Le député socialiste Jérôme Guedj lui a emboîté le pas, mais  a remis en question  les priorités politiques du gouvernement, appelant le ministre de l’Éducation à « mettre la même énergie pour assurer l’essentiel : garantir un enseignant dans chaque classe ».

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, deuxième syndicat syndical de France, a également déploré la communication du gouvernement sur  France Inter  mardi matin, mais s’est déclarée favorable à l’interdiction de ces vêtements. Cependant, selon elle, la ministre « utilise le sujet pour évacuer les questions centrales », à savoir la pénurie d’enseignants.

« Plus on en parle, plus on augmente le phénomène […] cela ne fait qu’inciter à porter davantage l’accessoire », a-t-elle prévenu.

Les sondages d’opinion montrent qu’une large majorité de Français sont contre le port de l’abaya, du kameez et de la djellaba par les étudiants, avec 77% de Français contre, selon un sondage IFOP publié en  juin . Cette proportion s’élève à 80 % lorsque l’on interroge uniquement les enseignants,  selon une étude publiée en novembre  .

Plus de deux enseignants sur trois (68%) considèrent que l’abaya ou le kameez ont un caractère religieux plutôt que simplement culturel.

Une majorité de sympathisants de gauche sont également contre ces tenues traditionnelles dans les écoles, avec 60 % pour la gauche radicale (LFI) et les Verts, et 75 % pour les socialistes.

Source : Eura Ctiv

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